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«Une douzaine de "centres d'hébergement", selon le terme pudique utilisé par l'administration française, ont commencé à pousser un peu partout en Algérie après la mise en place de l'état d'urgence, en avril 1955. Mais, dans la liste, Lodi occupe une place à part. C'est le camp des Français. Le camp des pieds-noirs. Des centaines et des centaines d'Européens, comme on les appelait dans l'Algérie coloniale, vont ainsi croupir derrière les barbelés de l'ancienne colonie de vacances, au sud-ouest d'Alger. Enfermés du jour au lendemain de façon arbitraire, prisonniers des années durant. Sans inculpation, sans procès, sans jugement, sans aucun moyen de défense. Sur simple arrêté préfectoral, parfois signé par un sous-fifre. La "lettre de cachet" de la guerre d'Algérie.»
Là-bas se sont croisés médecins, architectes, cheminots, gaziers, électriciens, résistants de la Seconde Guerre mondiale, anciens internés de Dachau... Parmi eux Georges Hadjadj, dernier voisin de cellule de Maurice Audin, ce jeune professeur de mathématiques «disparu» après une ultime séance de gégène, Albert Smadja, l'avocat de Fernand Iveton, seul Français du conflit guillotiné pour avoir tenté de faire sauter une bombe, mais aussi Henri Alleg, l'auteur de La Question, en février 1958, qui a levé le voile sur les tortures et subi la foudre de la censure.
Des archives jamais publiées et des témoignages inédits d'anciens prisonniers racontent l'histoire oubliée des pieds-noirs indépendantistes.
Auteur : Funès, Nathalie
Date de parution : 14/03/2012
Éditeur : Stock
Classification : Histoire des autres continents
(France Métropolitaine)
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