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Voici sans doute le livre le plus séduisant de la rentrée. Il n'y a pas que du bon dans cet éloge et dans l'adjectif qui le soutient : un séducteur, c'est quelqu'un qui nous plaît, nous convainc, mais peut-être pour de mauvaises raisons, par des arguments peu sincères. A y regarder de près, pas trop près, mais honnêtement en soi-même, il est évident que l'objet de la séduction est parfaitement complice du séducteur, que plus ou moins consciemment l'un et l'autre se rencontrent avec à la main la serrure et la clé qui va dedans. Un séducteur ne viole pas, il nous fait dire oui, entortille et nous circonvient, parce qu'il sait que la partie est gagnée d'avance. Ainsi fait Patrick Deville avec son Feu d'artifice, troisième roman aux mêmes éditions, après Cordon bleu et Longue vue, petit livre bourré comme un pétard et qui nous en met plein la vue.
D'abord il a la grâce. On ne dira jamais assez aux auteurs débutants l'importance d'être à l'aise au moment d'écrire la première page. « J'avais conduit toute la nuit et j'étais debout au comptoir d'un restaurant routier devant une tasse de café.
Le monde est e hallucination passagère. »
La planète se souviendra-t-elle de nous, petites mouches qui courrons sur son globe un instant, même en décapotable et en stéréo ? Derrière la surface miroitante et lumineuse des choses, on sent un puits d'angoisse sans fond, et c'est ce sentiment d'incertitude, d'extrême fragilité de la vie que Deville a su capter et restituer avec une virtuosité et une maîtrise vraiment rares.
Auteur : Deville, Patrick (1957-....)
Date de parution : 01/01/1992
Éditeur : Minuit
Classification : Romans français
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