Le passé imposé
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Le passé imposé

Blistène, François
Solitaire abhorrant le monde moderne, Philippe Pontagnier s'acharne à isoler ses enfants dans une maison où leur seul contact avec les humains est un certain Kuntz, homme étrange censé parfaire... lire la suite
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Solitaire abhorrant le monde moderne, Philippe Pontagnier s'acharne à isoler ses enfants dans une maison où leur seul contact avec les humains est un certain Kuntz, homme étrange censé parfaire leur éducation. Lorsque les trois adolescents parviennent à s'échapper, ils ne connaissent guère du monde que ce que leur père et leur précepteur, ainsi que quelques livres bien choisis, leur en ont appris. Déambulant dans Paris, ils vont donc, chacun à leur manière, tâcher d'en déchiffrer les moeurs et de s'y faire une place. Une rencontre sera décisive : celle d'un certain Monsieur Mystère, magicien de son état, auprès duquel ils vont se prendre au jeu de la vie. Mais c'est sans compter sur la soif de vengeance du Père : l'ogre rôde, et le destin est tenace. François Blistène est gaucher, vit à Paris, est âgé d'un demi-siècle environ et a publié son premier roman, Moi, ma vie, son oeuvre, aux Éditions du Sonneur.

Aussi rapidement que certains attrapent un rhume, Philippe Pontagnier se retrouva orphelin. Exaspéré par les velléités culinaires de ses parents et leur quête dominicale d'une nouvelle auberge où se goinfrer, il avait refusé ce jour-là de les accompagner. Bien lui en prit, vu l'état de la voiture agonisant dans un ravin de coquelicots vermillon. Conduit sur les lieux, devant ferraille et os, Pontagnier ne put s'empêcher de ramasser une fleur, et découvrit qu'elle n'avait pas d'odeur. Cette absence de senteur, assez commune chez les papavéracées, en dépit des exhalaisons d'essence et du fumet de cadavre frais, lui fut insupportable : il était plus perfectionniste qu'émotif. Les gendarmes crurent pouvoir le rassurer en certifiant que ses parents n'avaient pas souffert («morts sur le coup»). Il pensa donc qu'ils s'étaient endormis au volant après un repas trop exubérant, et la vulgarité des circonstances adoucit sa douleur. Pendant quelques mois, Pontagnier éprouva cependant une certaine tristesse à leur absence. Puis les rayons du soleil printanier mirent fin à sa dépression, tant il est vrai que s'évapore mieux le chagrin avec sécheresse et bleu du ciel. Fils unique, le dernier des Pontagnier héritait de la fortune rondelette de bourgeois viveurs mais travailleurs.

9782916136714
100000 Produits

Auteur : Blistène, François

Date de parution : 20/03/2014

Éditeur : les Ed. du Sonneur

Collection : La grande collection

Classification : Romans français