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L'idéologie scientiste qui accompagne le discours capitaliste promet que la science rendra compréhensible tout ce que nous aurions à connaître, que la technoscience fabriquera tout ce dont nous avons besoin, et que le marché donnera accès à tout ce qui nous manque. Dans ce contexte (mensonger) de promesse de complétude, quelle est la capacité de la psychanalyse - qui fait fonds sur le désir et le manque qui le cause - à rester présente dans le lien social et à rejoindre, en se réinventant, ce que Lacan appelait « la subjectivité de notre époque » ?
La mondialisation fabrique une nouvelle anthropologie - en lieu et place de celle qui fonctionnait à l'autorité, symbolisée par le père pour le névrosé. Cette anthropologie pousse celui qui se laisse formater à se penser comme une machine performante : les dysfonctionnements se substituent à la psychopathologie, et la frustration à la loi du désir, excluant les « choses de l'amour ». Certes la psychanalyse fournit, avec sa théorie du lien social, les moyens de cette analyse. Mais est-ce que vaut toujours la solution par le symptôme, que les sujets avaient su inventer pour sauver, certes, chacun à sa façon, leur singularité de la voracité de l'Autre ? Grâce à elle, ils réussissaient leur inscription dans une communauté humaine. A quelle condition la psychanalyse saurait-elle aujourd'hui encore renouer avec « l'effet révolutionnaire du symptôme* » ?
* Jacques Lacan, « L'acte psychanalytique », Autres écrits.
Auteur : Sauret, Marie-Jean
Date de parution : 18/09/2008
Éditeur : Erès
Collection : Humus, subjectivité et lien social
Classification : Psychologie
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